4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:41

Je désapprouve et désavoue toute publicité faite sur mon blog pour de la voyance ou autre proposition du même genre.

C'est de l'arnaque.

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 15:13

Je souhaite que tous ceux qui fréquentent ce blog y trouvent un espace de réflexion et d'affranchissement de tout obscurantisme religieux.

Le monde continue d'être embrasé et détruit par les fanatismes religieux de toutes sortes. Il continue d'être dévitalisé par toutes sortes de croyances tissées dans l'ignorance.

Ce blog se veut une modeste contribution à la résistance contre ce gigantestque assaut multiséculaire contre l'homme. Merci à tous ceux qui le lisent et y contribuent dans cet esprit, ainsi qu'à ceux qui invitent leurs amis à le consulter.

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 03:21

       Certaines communautés religieuses qui se disent chrétiennes perpétuent l'abstention des viandes qualifiées d'impures par l'Ancien Testament, ce qui se manifeste le plus ordinairement par le refus de consommer du porc. Que faut-il penser en tant que chrétien de cette croyance?

        La séparation de la réalité objective entre pur et impur est l’une des notions les plus importantes de l’Ancien Testament et de l’Ancienne Alliance.

        Au regard des enfants d’Israël, Dieu avait partagé le monde physique entre pur et impur et cette distinction touchait tous les aspects de l’environnement des Hébreux : les humains, les animaux, et les choses.

        Dans ce contexte, Dieu avait fourni à Israël une liste faisant la distinction entre animaux purs qui pouvaient être consommés, et animaux impurs qui ne devaient pas l’être.

        La question du critère de distinction est souvent posée par ceux  qui attachent encore une importance à la validité de cette liste.

        Il existe une variété de théories destinées à en rendre compte. C’est la théorie hygiéniste qui est à la base de la position  de certaines communautés prétendument chrétiennes. Elles considèrent que les animaux prohibés ont une chair malsaine parce que ce sont des charognards ou des éboueurs naturels. Ou bien à cause de leur propension à abriter des parasites nuisibles à l’homme.

        Cependant, quand on y regarde de près, on constate qu’un certain nombre d’animaux impurs n’ont rien à voir avec les charognards ou les vidangeurs. A titre d’exemples évidents, on ne peut placer dans cette catégorie le chameau, le lièvre, l’autruche, ou la grenouille.

        Quant à la présence de parasites, elle existe chez les animaux classés comme purs, même si c’est dans une bien moins grande mesure.

        En fait, on a beau chercher une justification scientifique qui résiste à toute critique, on n’en trouve jusqu’à présent aucune qui soit totalement satisfaisante. Cela n’est d’ailleurs pas étonnant puisque le texte de Lévitique 11 n’a aucune prétention scientifique.

        Ce qui frappe d'ailleurs, c’est que le Nouveau Testament ne se préoccupe pas de considérations hygiénistes dans son approche de la distinction entre aliments purs et impurs, ce qui montre bien que ce n'est pas dans cette direction qu'il faut chercher la légitimation de la distinction entre pur et impur dans l'Ancien Testament.

        La solution la plus intéressante et la plus éclairante qui ait été proposée jusqu'ici vient de travaux décisifs menés par l'anthropologue Mary Douglas sur les lois alimentaires (Lévitique 11) et sur les règles concernant la pureté corporelle (Lévitique 12-15), des travaux qu'il faut considérer avec d'autant plus de sérieux qu'ils sont globalement endossés par l'un des plus éminents spécialistes juifs de la Torah en général et du livre du Lévitique en particulier, le rabbin conservateur Jacob Milgrom.

        Mary Douglas démontre que la distinction entre pur et impur dans la liste de Lévitique 11 n'a rien à voir avec des considérations d'hygiène alimentaire, mais plutôt avec l'inscription dans le champ de l'alimentaire de la relation entre les caractéristiques culturelles des Hébreux, la congruence entre les animaux et leur milieu, et l'intégrité identitaire d'Israël, tout ceci étant basé sur une certaine perception de la relation entre Israël et son Dieu.

        En effet, explique l'anthropologue britannique réputée, les Hébreux étaient de culture pastorale, considérant leur bétail "comme participant de l'ordre de la création et de la bénédiction divine. Cet ordre, ainsi que la bénédiction qui en dépend, se doivent d'être maintenus par l'interdiction de tout ce qui est hybride. Les animaux domestiques, «la viande par excellence d'un peuple pasteur», ont en commun deux caractéristiques: ce sont tout à la fois des ruminants et des ongulés au pied fourchu." (Jean Duhaime, Lois alimentaires et pureté corporelle dans le Lévitique. L'approche de Mary Douglas et sa réception par Jacob Milgrom).

        Ces caractéristiques du bétail seront considérées comme normatives du règne animal terrestre et vont présider à la définition de tout ce qui peut être considéré comme pur sur le plan terrestre. Dans le même ordre d'idées, seront considérés comme animaux aquatiques purs ceux qui ont des écailles et nageoires comme il semble convenir à cet environnement, et seront considérés comme animaux ailés purs ceux dont les caractéristiques répondent strictement aux exigences de leur environnement. Toute forme hybride ou "métissée" de vie animale sera considérée comme impure.

        A cette première base de distinction entre le pur et l'impur dans la liste de Lévitique 11, Mary Douglas rajoutera deux autres critères de classification. Tout d'abord, en relation avec la  notion de respect de la vie exprimée dans l'injonction de vider les animaux de leur sang avant de les consommer, elle pense que sont placés dans la catégorie des animaux impurs les prédateurs dont la chair contient du sang. Et ensuite, elle pense qu'est pris en considération la relation entre la table et l'autel, ne devant être considérés comme purs que les animaux qui peuvent servir aux deux usages.

        Ce que viserait cette taxonomie particulière au livre du Lévitique, c'est l'inscription dans le champ alimentaire et cultuel d'une visée identitaire, le peuple d'Israël devant préserver son identité propre par rapport aux peuplades avoisinantes afin d'assurer ainsi sa fidélité au Dieu de l'Alliance. La consommation et les sacrifices d'animaux "purs" devaient servir de rappel et de confirmation symbolique de cette dimension identitaire de l'alliance.

        Le Christianisme, né dans un berceau juif, va progressivement s'émanciper et déconstruire cette dimension identitaire de l'alliance avec Dieu.

        C’est Jésus lui-même qui initie le processus de déconstruction de cette référence rituelle et cultuelle. S’agissant des aliments consommés, il s’attaque à l’un des tabous sur l’impureté en décrétant que les aliments consommés sans se laver les mains ne procurent aucune souillure. En effet, l’impureté rituelle des mains non lavées était considérée comme se communiquant d’abord aux aliments manipulés puis à l’individu qui consommait de tels aliments.

        Il déclare donc à ses disciples : « Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre, puis est rejeté dans les lieux secrets ? Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux  témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l’homme ; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille point l’homme. » (Mat.15 :17 – 20) Il fait ainsi fi du rituel et de l’externe au profit de ce qui est moral et intérieur, ce que comprend fort bien l'évangéliste Marc quand il ajoute aux propos de Jésus: "Il n'est hors de l'homme rien qui, entrant en lui, puisse le souiller; mais c'est ce qui sort de l'homme qui souille l'homme." (Marc 7:15)

        Plus tard, le Christ ressuscité confirmera l’abrogation de la distinction rituelle entre pur et impur quand il s’adressera au chrétien d’origine juive qu’est l’apôtre Pierre. Afin de le préparer au contact avec un non-juif supposé impur, il fait passer devant lui la vision d’une nappe contenant des animaux considérés impurs par les Juifs et lui ordonne par trois fois de les tuer et d’en manger. Puis, il conclut ainsi : « Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. » (Actes 10 :15)

        Quoique le but de la vision, ce fût le contact avec un être humain, la leçon donnée par le Seigneur porte sur la consommation d’animaux. L’argument implicite, c’est que si des animaux ne doivent plus être considérés comme impurs, à plus forte raison un être humain. Cela présuppose l’abolition de la distinction rituelle entre pur et impur pour toute la création.

        Cette extension de l'abolition de la distinction entre pur et impur aux personnes est particulièrement importante, car l'un des corollaires les plus courants du racisme, c'est précisément la distinction entre pur et impur. Sale nègre! Sale arabe! Sale juif! Autant d'anathème jetés au nom de la "race pure", des "citoyens de souche". L'autre est trop impur pour qu'on partage avec lui sa table, ses richesses, son corps.

        Paul, mieux que n’importe quelle autre figure du Nouveau Testament, avait compris les implications de la venue de Jésus pour la modification des conditions d’appartenance à la nouvelle alliance, et l’abolition de la distinction rituelle entre pur et impur.

        S’adressant aux chrétiens de Corinthe sur la question de consommation des viandes qualifiées d’impures par les juifs du fait qu’elles provenaient de bêtes sacrifiées à des idoles, il déclare : « Mangez de tout ce qui ce vend au marché sans vous enquérir de rien par motif de conscience ; car la terre est au Seigneur, et tout ce qu’elle renferme. »  (1 Cor.10 :25-26) Il énonce là l’abolition de principe de toute distinction rituelle entre pur et impur. Il ne laisse subsister que la liberté de conscience personnelle et le respect charitable de la conscience non éclairée d’autrui, car il poursuit par le conseil suivant : « Si un non-croyant vous invite et que vous vouliez y aller, mangez de tout que qu’on vous présentera sans vous enquérir de rien par motif de conscience. Mais si quelqu’un vous dit : Ceci a été offert en sacrifice ! N’en mangez pas, à cause de l’avertissement, et à cause de la conscience. Je parle ici, non de votre conscience, mais de celle de l’autre. Pourquoi, en effet, ma liberté serait-elle jugée par une conscience étrangère ? » (1 Cot. 10 :27-29)

        Paul tient pareil langage parce qu’il a compris que la distinction rituelle qui séparait objectivement la réalité physique entre pur et impur n’existe plus. C’est précisément ce qu’il dit dans Rom.14 : 14, 20b : « Je sais et je suis persuadé par le Seigneur Jésus que rien n’est impur en soi, et qu’une chose n’est impure que pour celui qui la croit impure. . . A la vérité, toutes choses sont pures. . . » Ainsi, c’est la réalité physique globale du monde qui s’offre en principe à la jouissance du chrétien.

 

            L'épitre aux Colossiens est encore plus radicale sur le sujet:   " 8 Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s'appuyant sur la tradition des hommes, sur les principes élémentaires du monde, et non sur Christ. 9 Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. 10 Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. 11 Et c'est en lui que vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair:12 ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscites en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts. 13 Vous qui étiez morts par vos offenses et par l'incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses ; 14 il a effacé l'acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l'a éliminé en le clouant à la croix; 15 il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix.  

 

16 Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d'une °fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats: 17 c'était l'ombre des choses à venir, mais le corps6 est en Christ. 18 Que personne, sous une apparence d'humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course ; tandis qu'il s'abandonne à ses visions, il est enflé d'un vain orgueil par ses pensées charnelles,19 sans s'attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l'accroissement que Dieu donne.

 

20    Si vous êtes morts avec Christ aux principes  élémentaires   du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes :21 Ne prends pas ! ne goûte pas ! ne touche pas! 22 préceptes qui tous deviennent pernicieux par l'abusa, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes? 23 Ils ont, en vérité, une apparence de sagesse, en ce qu'ils indiquent un culte volontaire, de l'humilité, et le mépris du corps, mais cela est sans valeur réelle et ne sert qu'à satisfaire la chair." (Col. 2:8-19)

 

 

       Bien sûr, les juifs convertis au christianisme continueront de s’abstenir de la consommation des animaux qu’ils ont toujours considérés comme impurs. Mais on remarque que lors du concile de Jérusalem, cela n’est pas inclus dans les recommandations faites aux chrétiens issus du paganisme : « . . . s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicité, des animaux étouffés dans le sang, et du sang. » (Actes 15 :19-20 ; 28-29).

 

        Pour les souillures des idoles et l’impudicité, il s’agit là de prescriptions qui sont clairement religieuses et morales. Quant à la consommation du sang et des animaux étouffés dans le sang,  il faut envisager d’abord des considérations éthiques de respect de la vie, et peut-être des considérations hygiénistes. Dans tout cela, les distinctions basées sur une vision rituelle du monde ne sont pas prises en compte.

 

        Cela, signifie-t-il qu’on peut dès lors manger de tout ? Deux nouveaux principes vont déterminer la réponse à cette question. Le premier, c’est celui de 1 Cor. 10 :23 qui est justement énoncé en relation avec une question de nourriture : « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout n’édifie pas. »

 

        Selon ce principe, il faut ajouter à la nouvelle mise à disposition du monde une attitude de discrimination entre des choses qui font du bien (à soi comme aux autres) et d’autres qui n’en font pas. Dans le monde des hommes, des animaux et des choses, rien n’est impur en soi, et tout est maintenant disponible, mais il ne faut choisir que ce qui est utile au chrétien et l’édifie en tant que tel.

 

        Le deuxième principe, c’est celui qui enseigne la gestion du corps comme temple de l’Esprit (1 Cor.6 :19-20). Après avoir contredit la vision sophiste du corps comme simple enveloppe périssable vouée à la destruction et sans importance morale (1 Cor. 6 :13), Paul établit l’importance spirituelle et éternelle du corps (verset suivant), et en fait une habitation de l’Esprit qui doit servir à la glorification de Dieu. Ceci implique une alimentation qui maintient ce temple dans les meilleures conditions d’usage possible.

 

        Dès lors, le chrétien est simplement appelé à s’informer sur tout aliment afin de distinguer ce qui peut être propre ou impropre à la consommation, faire du bien au corps et lui faire du tort. Tout le reste n'est que régression fondamentaliste à des schémas incompris et dépassés de partage du monde, propres à faire le lit du sectarisme et du racisme.

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 13:16

Quand on tente d'appréhender  l'importance du sabbat du 7ème jour dans la perspective chrétienne du premier siècle de notre ère, le texte de Hébreux 3:1 à 4:13 est particulièrement important. Il est d'ailleurs une source d'embarras pour les chrétiens fondamentalistes sabbatistes.

Il fait partie d'un ensemble adressé à des chrétiens d'origine juive qui sont tentés de renier le Christ pour retourner au Judaïsme sous la pression conjuguée de persécutions venant des autorités impériales romaines et des zélateurs juifs.

Toute l'épître vise à démontrer la supériorité de Christ sur toutes les valeurs juives, qu'il s'agisse des prophètes, des anges, de Moïse, des grands prêtres, d'Abraham, du sanctuaire, ou des sacrifices.

C'est, de façon significative, dans la partie relative à la supériorité de Jésus sur Moïse que se situe le passage qui nous occupe, un contexte dont l'implication ne doit pas échapper au lecteur puisque Moïse est la figure paradigmatique du législateur au sein du Judaïsme.

Le texte se lit ainsi:

"3:1 C'est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez l'apôtre et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons, 2 Jésus, qui a été fidèle à celui qui l'a établi, comme le fut Moïse dans toute sa maison.3    Car il a été jugé digne d'une gloire d'autant supérieure à celle de Moïse que celui qui a "construit une maison a plus d'honneur que la maison même.4 Chaque maison est construite par quelqu'un, mais celui qui a construit toutes choses, c'est Dieu.5Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé ; 6 mais Christ l'est comme Fils sur sa maison ; et sa maison, c'est nous, pourvu que nous retenions jusqu'à la fin la ferme confiance et l'espérance dont nous nous glorifions.

7 C'est pourquoi, selon ce que dit le Saint-Esprit : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, 8 N'endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte, Au jour de la tentation dans le désert, 9 Où vos pères me tentèrent Pour m'éprouver, et ils virent mes œuvres pendant quarante ans. 10 Aussi je fus irrité contre cette génération, et je dis : Ils ont toujours un cœur qui s'égare, Ils n'ont pas connu mes voies. 11 Je jurai donc dans ma colère : ILS N'ENTRERONT PAS DANS MON REPOS !

12 Prenez garde,  frères,  que quelqu'un de vous n'ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant.13  Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu'on peut dire: Aujourd'hui ! afin qu'aucun de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché.14 Car nous sommes devenus participants de Christ,  pourvu que nous retenions fermement jusqu'à la fin l'assurance que nous avions au commencement, 15 pendant qu'il est dit: Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, N'endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte.

16 Qui furent, en effet, ceux qui se révoltèrent après avoir entendu sa voix, sinon tous ceux qui étaient sortis d'Egypte sous la conduite de Moïse? 17 Et contre qui Dieu fut-il irrité pendant quarante ans, sinon contre ceux qui péchèrent, et dont les cadavres tombèrent dans le désert? 18 ET A QUI JURA-T-IL QU'ILS N'ENTRERAIENT PAS DANS SON REPOS, sinon à ceux qui avaient désobéi? 19 Aussi voyons-nous qu'ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité.

Craignons donc, TANDIS QUE LA PROMESSE D'ENTRER DANS SON REPOS SUBSISTE ENCORE, qu'aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. 2 Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu'à eux; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu'elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l'entendirent.

3 Pour nous qui avons cru, NOUS ENTRONS DANS LE REPOS, selon qu'il dit: Je jurai dans ma colère : ILS N'ENTRERONT PAS DANS MON REPOS!

Il dit cela, quoique ses œuvres aient été achevées depuis la création du monde. 4 Car il a parlé quelque part ainsi du septième jour: ET DIEU SE REPOSA DE TOUTES SES ŒUVRES LE SEPTIEME JOUR.

5 Et ici encore: ILS N'ENTRERONT PAS DANS MON REPOS!

6 Or, puisqu'il est encore réservé à quelques-uns d'y entrer, et que ceux à qui d'abord la promesse a été faite n'y sont pas entrés à cause de leur désobéissance,   7 Dieu  fixe  de  nouveau un jour — aujourd'hui - - en disant dans  David  bien longtemps après comme il est dit plus haut: Si vous entendez sa voix, N'endurcissez pas vos cœurs .

8 Car, si Josué leur avait donné LE REPOS, Dieu ne parlerait pas après cela d'un autre jour. 9 Il y a donc UN REPOS DE SABBAT RESERVE AU PEUPLE DE DIEU. 10 Car CELUI QUI ENTRE DANS LE REPOS DE DIEU SE REPOSE DE SES ŒUVRES, COMME DIEU S'EST REPOSE DES SIENNES.11 EMPRESSONS-NOUS DONC D'ENTRER DANS CE REPOS, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance.

12 Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. 13 Nulle créature n'est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte."

Analysons donc ce texte.

En 3:1-6, l'auteur établit un contraste entre Moïse et Jésus, en faisant de Moïse un simple serviteur placé en charge de la maison de Dieu tandis que Jésus est Fils de Dieu et propriétaire de la maison, cette maison étant en fin de compte identifiée comme la communauté des chrétiens qui restent fidèles à leur espérance. Il fait ainsi d'une pierre deux coups: il déclare la supériorité de Jésus sur Moïse, et il substitue la "maison chrétienne" à la "maison juive".

C'est avec un tel préambule qu'il aborde la question du repos sabbatique (katapausis en grec), pratique hautement emblématique de la foi juive. Il prend comme point de départ une citation tirée du Psaumes 95.

Les spécialistes pensent que ce psaume est un vestige d’une pratique ancienne dans laquelle il était chanté au cours du service du temple le jour du sabbat, et que c'est à ce titre qu'il est jusqu’à aujourd’hui utilisé dans la pratique liturgique juive  pour ouvrir le sabbat.

La citation commence par le mot "Aujourd'hui" et se termine avec les mots "mon repos", et c'est avec ces deux formules que l'auteur va développer son argumentaire.

La première partie de l'argumentaire (3:12-15) est un appel aux destinataires de la lettre à rester fidèles à la foi chrétienne aussi longtemps qu'on peut dire "Aujourd'hui". En effet, la référence à la foi dans l'expression " un cœur mauvais et incrédule ", aussi fugitive qu'elle puisse d'abord paraitre, est loin d'être négligeable. Elle est en fait essentielle et fera l'objet de trois autres mentions, dont la dernière sera au cœur de tout le passage.

Le mot "incrédulité" traduit le grec "apistia" qui signifie littéralement  "manque de foi", et revient dans la deuxième partie de l'argumentaire, puisque c'est cette "apistia" qui est identifiée comme raison pour laquelle Dieu ne permit pas au peuple d'Israël d'entrer dans son repos à l'époque de Moïse.

Ensuite, en 4:1-2, à partir du "Aujourd'hui" du début de sa citation de départ, l'auteur étend l'offre du repos de Dieu aux chrétiens hébreux qui sont mis en garde contre l'exemple négatif du manque de foi. de leurs ancêtres israélites.

On en arrive alors en 4:3-5 à ce qui s'avérera le cœur du passage et qui sera développé en deux temps: dans un premier temps, le repos de Dieu est assimilé à la foi en Christ, et dans un deuxième temps, il est différencié du sabbat du septième jour.

En effet, lorsque l'auteur déclare que "nous qui croyons entrons dans en repos", il assimile le repos de Dieu à la foi en Christ, et pour qu'il n'y ait aucune méprise à ce sujet, il précise qu'il est encore question de ce repos de Dieu, non pas parce que Dieu se reposa le 7ème jour à la création, mais en dépit de cela! Le terme utilisé, c'est l'adverbe kaitoï  qui, devant un participe comme c'est le cas ici (gènéthevton: étant achevés), signifie "quoique" (Dictionnaire grec-français Bailly).  Cela signifie en clair que le repos dans lequel il invite ses lecteurs à entrer n'est pas celui du 7ème jour mais celui de la foi en Christ.

Ensuite, en 4:6-8, l'auteur insiste sur l'appel adressé aux chrétiens hébreux à entrer dans le repos de Dieu, tel qu'il vient de le définir. Il argumente que le "Aujourd'hui" de la déclaration faite par David dans le Psaume 95 si longtemps après que le repos ait été refusé aux Israélites, signifie que ce repos reste encore offert, et qu'il n'a pas été donné par Josué à l'Israël d'autrefois.

Il complète enfin sa démonstration en 4:9-11 par une conclusion en trois points:

1. "Il y a donc un repos sabbatique réservé au peuple de Dieu." Selon la démonstration qui a été faite, ce repos de sabbat n'est pas le sabbat du 7ème jour, mais le repos de la foi en Christ.

2.  "Celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres comme Dieu s'est reposé des siennes." Les œuvres dont il est question ici doivent s'entendre dans le cadre de l'opposition entre la foi en Christ et les œuvres de la loi dénoncées par Saint Paul comme pratiques juives abusivement destinées à garantir le statut d'enfant de Dieu. Les destinataires de l'épitre sont invités à se "reposer de ces oeuvres", c'est à dire à s'en décharger. En effet, le repos de la foi en Christ est conçu comme mettant un terme aux oeuvres de la loi.

3. "Empressons-nous donc d'entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance." L'auteur invite ses destinataires, des juifs devenus chrétiens à entrer dans le repos de la foi en Christ pour ne pas se retrouver dans la même situation que leurs ancêtres Israélites.

La dernière partie du passage en 4:12-13 fait écho à la citation du Psaume 95 utilisée par l'auteur et met un point d'orgue solennel à l'ensemble de l'argumentation pour lui donner une puissance contraignante.

Ainsi, ce passage de l'épitre aux Hébreux montre qu'une distinction était faite dans la communauté chrétienne du premier siècle entre le repos de la foi en Christ des chrétiens et le repos du 7ème jour du peuple juif. Cette distinction est d'autant plus remarquable qu'elle est faite dans un document adressé à des chrétiens d'origine juive qui sont tentés de renier le christianisme pour retourner à la foi et aux pratiques juives.

 

Il n'est donc pas étonnant que la communauté chrétienne ait très tôt délaissé la pratique du sabbat juif du 7ème jour  pour se réunir le premier jour de la semaine pour célébrer la résurrection du Christ et le repas eucharistique.

 

 

Cela signifie-t-il que le sabbat juif soit sans valeur pour la pratique chrétienne? C'est ce que nous verrons dans notre prochain article.

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 14:45

L'appellation officielle des adventistes, c'est "adventistes du 7ème jour" parce qu'ils font du repos du septième jour de la semaine, identifié comme étant le samedi, un enjeu majeur dans l'histoire du salut.

Cette observation du repos sabbatique est chez eux régie par des règles bien précises, presqu'identiques à celles qui sont pratiquées par les juifs orthodoxes. Le sabbat correspond au 7ème jour de la semaine, et commence au coucher du soleil du vendredi pour s'achever au coucher du soleil du samedi à cause du récit génésiaque de la création. Durant ce jour, on ne doit faire aucun travail séculier ou rémunéré à cause de la formulation du 4ème commandement du livre de l'Exode. On ne doit non plus cuire aucun aliment à cause des prescriptions faites par Moïse au peuple d'Israël.

S'il ne s'agissait que d'un simple jour de culte, il n'y aurait pas grand chose à en dire car l'observance de temps sacrés est une donnée anthropologique, une pratique propre à toutes les cultures de tous les temps. Ce qui en fait le sujet d'un regard critique, c'est que le sabbat est considéré comme l'enjeu suprême de la confrontation finale entre les forces du bien et les forces du mal dans le schéma eschatologique et apocalyptique des adventistes. Sous l'influence notamment de la prophétesse adventiste Ellen White, il est prévu que tous les peuples du monde s'uniront sur la base de l'observation du dimanche contre le seul peuple adventiste dont la marque particulière sera l'observation du sabbat du 7ème jour comme signe distinctif du vrai Dieu.

Les adventistes sont prêts à tout sacrifier pour cette pratique jugée essentielle dans la relation avec Dieu: études, travail, opportunités, revenus,  relations amicales ou familiales.

Cette croyance est basée sur une lecture littérale des textes bibliques, à commencer par ceux de la Genèse qui font du sabbat  une pratique liée à l'acte créateur de Dieu et aux origines de l'humanité.

Le problème, c'est qu'un examen sérieux et objectif des textes bibliques détruit les fondements de cette croyance particulière.

Le récit génésiaque des origines de l'humanité est un mythe

Contrairement à ce que croient les adventistes la Genèse ne contient pas une restitution historique des origines de l'humanité mais un mythe monothéiste destiné à combattre des mythes polythéistes. C'est ce qui ressort clairement de la lecture attentive des deux récits de création faits par la Genèse.

Le premier récit raconte la création du monde en 6 jours de 24 heures, couronnée par un repos du 7ème jour, mais quand on regarde de près ce récit on constate les choses suivantes:

L'auteur situe durant les 3 premiers jours ce qui est supposé être un habitat ou un environnement, et durant les 3 jours suivants ce  qui est supposé se trouver dans cet environnement:

 

ENVIRONNEMENT

RESIDENTS

1. Lumière

4. Soleil, lune et étoiles

2. Séparation des eaux et ciel

5. Animaux aquatiques et oiseaux

3. Terre et verdure

6. Animaux et être humains

Repos du sabbat

 

On voit bien que l'auteur s'exprime avec une vision archaïque du monde, car pour lui, la lumière est l'habitat du soleil, de la lune et des étoiles, comme les eaux, le ciel et la terre sont les habitats des poissons, des oiseaux, des animaux et de l'homme.

 

Il a une représentation primitive et naïve de tout ce qui concerne les points lumineux qui sont perçus au firmament de jour comme de nuit.

 

Son regard n'est ni scientifique ni historique, mais à la fois poétique,  mythologique et théologique

 

La vérité de ce texte n'est donc pas historique ou scientifique, mais théologique:  L'auteur veut simplement opposer une vision monothéiste des origines du monde à une vision polythéiste et animiste, mais l'absence de connaissances scientifiques ne lui permet pas de faire autre chose qu'utiliser le mythe qui est une construction intellectuelle se servant des données empiriques traditionnelles pour expliquer l'origine des choses.

 

Si cette description se voulait historique ou scientifique, elle serait absurde car,

Elle parle de lumière dans un système solaire avant que le soleil soit créé.

Elle fait de la lune et des étoiles des luminaires au même titre que le soleil, sans faire la distinction entre ce qui émet de la lumière comme le soleil et certaines étoiles, et ce qui réfléchit la lumière comme la lune.

Elle fait du soleil, de la lune et des étoiles des choses placées dans une voûte comme des points lumineux.

Elle situe la création des étoiles en même temps que la création de la terre, alors qu'il s'agit de choses qui sont extérieures au système solaire, et qui lui sont parfois antérieures et parfois postérieures. En effet, des myriades d'étoiles sont nées avant qu'apparaisse notre terre, et chaque jour d'autres continuent de se former.

Elle parle de la succession des jours et des nuits avant que le soleil soit créé, et qu'il y ait donc une terre qui tourne sur elle-même et gravite autour du soleil.

Elle parle de la création de la végétation avant la création du soleil qui est responsable de la croissance de la végétation.

Pour le 7ème jour, l'alternance nuit/jour n'est pas mentionnée.

 

Une telle description n'a de sens que si on la reçoit comme une construction intellectuelle archaïque qui cherche à dire essentiellement que le Dieu des Hébreux est à l'origine de tout, qu'il ordonne la réalité, et que tout lui est subordonné comme création, y compris ce que les autres peuples considèrent comme divinités.

 

Par ailleurs, le second récit de création fait dans Genèse  est nettement différent du premier. Il fait apparaitre l'ordre suivant dans le processus de la création:

 

1. Création de l'homme (le mâle)

2. Plantation d'un jardin en Eden, lieu d'où partirait un fleuve divisé en 4 bras.

3. Création des animaux et des oiseaux

4. Création de la femme (la femelle)

 

La différence entre ces deux récits montre bien que l'auteur ne les avait pas conçus comme des descriptions historiques ou scientifiques des origines du monde, sans quoi la contradiction serait inexplicable. Il s'agit bien de mythes dont la cohérence réside dans le fait qu'il s'agit pour l'auteur de rendre compte de la relation entre, d'une part, le Dieu qu'il adore et les forces naturelles divinisées des nations étrangères, et d'autre part de la relation entre l'homme (le mâle souverain) et les éléments de son environnement: végétaux, animaux et femme. Il s'agit aussi de rendre compte des modalités de l'existence de l'être humain tel que lui le connait: mortel, souffrant, accouchant dans la douleur, tirant péniblement sa subsistance de la terre durant 6 jours, et vouant un culte à Dieu le dernier jour de la semaine depuis la fuite d'Egypte.

 

De tout ceci, il découle que le double récit génésiaque de la création ne saurait être pris littéralement, et ne saurait constituer la justification théologique du sabbat comme faisant partie d'un ordre naturel et originel des origines de l'humanité. Il s'agit en fait d'une "rétrojection" de la pratique hébraïque dans un mythe de création, ce qui est parfaitement normal de la part d'un croyant hébreu de cette époque.

 

Leo Trepp, rabbin juif, écrit dans son ouvrage UNE HISTOIRE DE L'EXPERIENCE JUIVE:  "Le sabbat est une invention sémitique qui a naturellement germé de l'observation de la nature du fait que le fermier divisait le cycle de la  lune en quatre phases. . . . Les Juifs ont donné au sabbat sa double signification spirituelle. C'est un jour de repos universel, rendant concret le principe d'égalité universelle entre maitre et esclave, employeur et employé, seigneur et serviteur. C'est par ailleurs un temps de régénération et de restauration spirituelles."

 

Toutes les autres mentions du sabbat dans l'Ancien Testament doivent donc être considérées dans cette optique: une pratique particulière à un peuple.

 

Pour ceux qui seraient tentés de crier au blasphème parce qu'il est question de mythe dans les textes bibliques, il faut qu'il se souvienne que la "vérité" est véhiculée par différentes sortes de textes qui ne sont pas pour autant historiques ou scientifiques: la parabole, l'allégorie, la poésie, et l'apocalypse. Ces différents genres littéraires procèdent par fiction, métaphores, ou symboles qui n'ont rien à voir avec l'historique et le scientifique. A chaque genre de texte son genre de vérité.

 

Le sabbat dans les évangiles

 

Les fondamentalistes sabbatistes pensent que l'observation du sabbat par le Christ, telle que mentionnée dans les évangiles, confirme la perpétuelle validité de cette pratique pour tous les chrétiens de tous les temps. C'est perdre de vue que Jésus de Nazareth était un juif qui vivait comme tous les juifs et observait donc le sabbat.

 

Ce qu'il faut surtout retenir des évangiles, c'est la distance radicale que prend le Christ par rapport à la conception de ses compatriotes et contemporains sur la question du sabbat, cessant de faire de cette pratique un fin en soi pour la subordonner à la seule cause qui vaille, celle de l'humain.

 

Le sabbat dans les Actes de Apôtres

Le livre des Actes continue de lier la pratique du sabbat à la vie juive. Sur les trois mentions de la pratique du sabbat qu'on y trouve, deux se situent dans le contexte synagogual (Actes 13 et 18). 

La troisième (Actes 16) concerne des femmes qui se réunissaient le sabbat dans ce qui est simplement appelé "un lieu de prière", et parmi ces femmes qui ne sont pas des chrétiennes se trouve une certaine Lydie qui est une "craignant Dieu", c'est à dire une sympathisante du Judaïsme. La présence de cette femme "craignant Dieu" parmi d'autres femmes réunies dans un lieu de prière le jour du sabbat semble indiquer qu'il s'agissait d'un groupe de femmes juives. S'il n'est pas question d'une synagogue, mais d'un simple lieu de prière, c'est que le service cultuel des synagogues étaient des lieux dominés par les hommes, ce qui laisse supposer que si des femmes juives voulaient se réunir entre elles il leur fallait trouver un autre lieu.

 

Le sabbat dans les épitres

 

Les épitres sont des textes écrits pour traiter de problèmes rencontrés au sein des premières communautés chrétiennes. On constate que le sabbat n’y est pas souvent mentionné, mais quand il l’est c’est en rapport avec le conflit entre judaïsme et universalisme au sein de la communauté chrétienne. Voici les textes dans lesquels le sabbat est traité directement ou indirectement.

 

Rom.14; 1-12  (La distinction entre les jours)

Pour bien comprendre ce passage, il est nécessaire d'être attentif aux faits suivants:

L’épître aux Romains à été écrite à une communauté chrétienne où chrétiens d’origine juive et non juive se méprisaient mutuellement, les juifs au nom de l’élection de leur peuple et les non juifs au nom de la foi nouvelle en Jésus-Christ.

Les pratiques juives des chrétiens d’origine juive sont des sujets de controverse, les judéo-chrétiens estimant ces pratiques toujours valides et s’imposant à tous les chrétiens, et les pagano-chrétiens les rejetant comme désuètes.

A l’arrière plan des versets 2 et 3 se trouve le problème des viandes sacrifiées aux idoles. Certains judéo-chrétiens s’abstiennent de consommer de la viande pour éviter les viandes qui auraient fait l’objet de consécration aux idoles avant d’être mises sur le marché.

Au verset 5, la distinction entre les jours est en rapport, soi avec les  jours de jeûne, soit avec les jours de sabbat, soit les deux à la fois.

 

Galates 4:8-10  (L’observation du calendrier juif)

Paul reproche aux Galates, chrétiens d’origine païenne, de retourner à une mentalité païenne par l’observation du calendrier juif!

Les « principes élémentaires du monde » (stoichéïa tou cosmou):

Stoichéia: le mot désigne les lettres de l’alphabet ainsi que les éléments fondamentaux de la nature (eau, terre, air, feu) considérés comme des divinités par les païens.

Paul assimile l’observation du calendrier juif à la pratique puérile des païens consistant à  diviniser les éléments naturels.

Or, dans la calendrier juif, il y le sabbat (qu’il soit sabbat du 7ème jour ou sabbat comme jour chômé)

 

Col.2:16 - 23

L’auteur s’adresse à des pagano-chrétiens qui sont sous la pression de judéo-chrétiens parce que ces derniers considèrent que le christianisme n’est que le prolongement du judaïsme par le fait que le Messie (Jésus) est juif, et que les pratiques juives s’imposent à toute la communauté chrétienne: circoncision, pratiques alimentaires reposant sur la distinction entre pur et impur, et calendrier juif avec ses festivals, et ses sabbats.

L’argument de l’auteur, c’est que la venue de Christ préfigurée dans les pratiques juives, a aboli ces dernières, et que sa mort a signifié la fin d’une alliance qui, faite avec le peuple juif, était considérée comme excluant les non-juifs, sauf si ceux-ci se convertissaient au judaïsme.

Les adventistes veulent restreindre "les sabbats" mentionnés dans ce texte aux seuls "sabbats cérémoniels" en excluant le sabbat du 7ème jour, l'auteur de l'épître ne fait pas une telle distinction. Il parle de tous les sabbats, qu'il s'agisse du sabbat hebdomadaire ou des autres jours chômés du calendrier juif.

 

Il restera un texte à analyser, ce sera celui de Hébreux 3:7 à 4:13. Ce sera l'objet d'un prochain article.

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 15:16

Plusieurs lecteurs m'ont interpellé récemment sur le fait que si l'on considère le récit génésiaque des origines de l'humanité comme un mythe, on détruit un fondement du christianisme, c'est-à-dire la doctrine du péché originel et du sacrifice expiatoire du Christ.

Je souhaite simplement dire deux choses pour l'instant:

1. Les livres de la Bible ont tous été écrits à partir d'une vision archaïque et préscientifique de l'histoire de l'humanité.

2. Le christianisme ne se réduit pas à cette vision archaïque et préscientifique, mais dépend essentiellement de l'enseignement qui découle de l'intervention de Jésus dans l'histoire de l'humanité.

Ceci, étant dit, il y a fort longtemps que le problème de l'interprétation de la mort de Jésus agite les esprits chrétiens. Tous les penseurs chrétiens n'ont pas interprété la croix du Christ comme réparation pour le péché originel ou comme expiation substitutive pour les péchés des hommes.

En voici quelques exemples sous forme très simplifiée:

Anselme: Le péché de l'homme a consisté dans le fait de n'avoir pas rendu à Dieu l'honneur qui lui est dû, ce qui devait entrainer soit le châtiment de l'homme soit la réparation. La miséricorde de Dieu l'a poussé à faire lui-même réparation en la personne du Fils incarné.

Abelard: Il n'y a aucun principe de la nature divine qui exige une réparation de la part du transgresseur, et la mort du Christ ne devrait pas être considérée comme une expiation du péché. Cette mort était seulement une manifestation de l'amour de Dieu, participant ainsi à la souffrance de sa créature et prenant sur lui-même  le poids de son misérable sort, de manière à rendre plus sensible le cœur humain et le conduire à la repentance.

Les Sociniens du 16ème siècle: Il n'y a rien dans la nature de Dieu qui exige la punition du transgresseur, et sa justice ne l'empêche pas de pardonner s'il le désire.  La mort du Christ doit être comprise comme la conséquence d'une fidélité totale aux valeurs divines, et un exemple que l'homme est appelé à suivre afin d'être digne de la vie éternelle.

Grotius: La justice divine n'exige pas que toutes les exigences de la loi soient parfaitement satisfaites par l'homme, et Dieu n'a pas besoin de la mort du transgresseur pour satisfaire sa justice. Cependant, il fallait qu'il y ait châtiment, et donc mort, pour maintenir la stabilité du gouvernement divin. La mort du Christ était le moyen pour Dieu de satisfaire cette nécessité tout en épargnant le croyant.

Schleiermacher, Edward Irving, Menken: Par l'incarnation du Christ, la vie divine a pénétré la vie humaine, et par la mort en croix la dépravation originelle a été dissoute, de telle sorte le Christ devient le levain d'une nouvelle humanité.

Ce que montrent ces quelques exemples, c'est que tous les chrétiens n'ont pas toujours considéré la lettre des textes bibliques comme explication définitive et exclusive  de l' intervention de Dieu dans l'histoire humaine.  Il y a un effort à faire pour passer de la vision archaïque à une vision moderne tout en restant chrétien. C'est ce qui différencie le christianisme authentique du fondamentalisme.

Plusieurs éminents penseurs chrétiens modernes se sont lancés dans cette entreprise visant à démythologiser la foi chrétienne. De ce nombre sont notamment Rudof Bultmann et Hans Küng.

Il s'agit, non pas de démythifier, c'est à dire de supprimer le mythe qui a un rôle à jouer dans la transmission du patrimoine chrétien, mais plutôt de le réinterpréter en utilisant des catégories de pensée qui tiennent compte des avancées de la connaissance. Cette démarche est indispensable pour que la foi ne soit pas enfermée dans des croyances dépassées qui peuvent faire violence à l'homme à travers des dérives fondamentalistes et obscurantistes.

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 03:00

 

J'ai reçu d'un lecteur qui se donne le psudonyme de Che Guevarra un commentaire qui me semble mériter un traitement approprié. Voilà ce qu'il écrit:

"Je découvre ce blog.

Je suggère la création d'un groupe de paroles, qui pourra être nommé les E-A.A : les Ex-Adventistes Anonymes. Sérieusement.

Les gens y partageraient leur témoignages, expériences et ressentis.

Ils pourraient prier pour pardonner à leur ex-communauté, pour pardonner aux différents dirigeants et décisionnaires du réseau de l'église adventiste mondiale ou aux responsables et encadrants de leur église locale, ce qu'ils leur reprochent. Ou également prier pour pardonner à certaines personnes de leur église qui se seraient associées pour leur nuire ou les exclure. Prier pour pardonner à leur famille ou parents adventistes  de les avoir persécutés au nom de la Parole de Dieu. Prier pour toutes les raisons possibles.

Le but de ce groupe : pardonner, comme Christ l'a enseigné. Pour ne pas cultiver l'amertume et la rancœur.

Se consoler aussi de sa déception de cette dite famille spirituelle, dans laquelle beaucoup d'entre vous - nous -ont cru et même voulu appartenir, en esprit et en vérité. 

Trouver une édification et le courage d'entretenir une vie spirituelle authentique malgré les innombrables mésaventures et querelles / guerre de chapelle... divergences théologiques et j'en passe.

Je souhaite sincèrement à chacun et à chacune de trouver en Dieu, un refuge, un havre de paix et la source de vos forces, car il y a bien une guerre entre le bien et le mal qui n'est pas encore terminée, dont on sait déjà Qui est le Vainqueur. 

Unissons-nous et mobilisons-nous en prières pour pardonner à ces adventistes bienpensants, pharisiens etc... qui ont déçu, blessé, offensé.

En temps et en heure Dieu enverra ses moissonneurs.

N'oublions pas également que Christ nous a dit :

"Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés.

 Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez."

 

Préférons le pardon, à la condamnation.

Bon courage.

Salutations fraternelles, en Qui vous savez ;-)"

 

 

 

 

Puisque ce lecteur prétend sa proposition sérieuse, il faut donc le prendre au sérieux, d'où le présent article.

La suggestion de créer un groupe de paroles dénommé les Ex-Adventistes Anonymes sous-entend que les personnes qui ont fait partie de la communauté adventiste et la critiquent après l'avoir quittée seraient victimes d'une sorte d'addiction à l'adventisme. Subodorer ensuite le besoin de "se consoler de sa déception de cette famille spirituelle" supposerait que chez ces personnes, l'addiction à l'adventisme se manifesterait non seulement  par une difficulté à en faire leur deuil, mais aussi par une persistante rancœur et  une inextinguible amertume à l'égard  des dirigeants et des membres de la communauté adventiste qui auraient contribué à leur faire du tort.

Tout ceci sous-entend que, pour quiconque a fait partie de la communauté adventiste,  la critiquer serait une pratique malsaine, voire illégitime, qui ne pourrait s'enraciner que dans une spiritualité défaillante et des émotions mal gérées.

Avant de répondre à ce lecteur donneur de leçons, je ne peux m'empêcher de m'interroger sur son pseudonyme de "Che Guevarra". Pourquoi un chrétien qui prêche le pardon s'identifierait-il à une icone de la révolution armée? La réponse se trouve sans doute dans les six références à la prière qui émaillent son propos. En effet, parmi les adventistes, il y a ce groupe particulier qui se réclame du nom de "combattants de la prière". Ce sont des gens pour qui la prière est la panacée universelle, ce qui réconciliera Israël et les Palestiniens, qui préviendra des tremblements de terre, qui remédiera à tous les maux de la planète, et qui protégera  les croyants de tous les avatars communs de l'espèce humaine. Pour eux, tous les problèmes personnels et collectifs sont analysés en terme de lutte spirituelle entre Dieu et le diable, et la seule arme qui vaille c'est la prière.

Si "Che Guevarra" n'appartient pas à ce groupe, il ne tardera vraisemblablement pas à le faire. C'est sa famille naturelle. Et c'est son problème.

Pour ma part, je n'ai jamais pensé et ne suis pas près de penser que l'enfermement dans la prière comme unique solution soit une attitude proprement chrétienne. Si tel était le cas, il n'y aurait jamais eu de Martin Luther ni de Martin Luther King, et c'eût été dommage.

Mais il est temps de considérer l'analyse du Che de la prière et des leçons de spiritualité prétendument  authentique.

La grande question, c'est pourquoi ce "Che" interprète-t-il la critique de l'église adventiste par ceux qui l'ont quittée comme une expression d'addiction irrésolue, de spiritualité défaillante, et d'émotions mal gérées comme la colère et la tristesse qui prendraient  les formes de la rancœur et de la déception? Pourquoi supposer qu'on ne critique que parce qu'on ne pardonne pas (il y est fait cinq fois allusion), et qu'on est défaillant sur le plan de la spiritualité? Qu'est-ce qui permet à ce monsieur d'insinuer que les personnes qui critiquent la communauté adventiste après l'avoir quittée ne prient pas ou ne jouissent pas de la paix en Dieu? De quel droit donne-t-il des leçons? Le nouveau testament ne se répand-il pas à travers les évangiles et les écrits de Paul dans une critique sans concession du fonctionnement de certains milieux religieux, et ceci des décennies après que les chrétiens soient sortis de ces communautés d'origine?

Curieuse analyse, en vérité! Curieuses suppositions aussi! Quand on sait par expérience  éclairée et lucide que la communauté adventiste est un milieu sectaire qui se prévaut de l'honorable étiquette d'église, et qu'elle  représente un danger pour ceux qui en sont déjà membres comme pour ceux qui seraient tentés de le devenir, il faudrait simplement en parler  à Dieu et pas aux gens? Il faudrait simplement pardonner les agressions dont on a été victime sans  avertir les autres des risques qu'ils encourent? Il n'y aurait de courage que dans le "combat spirituel" de la prière, et non dans la critique ouverte de la malfaisance dans un milieu qui prétend être la seule véritable église? Quel genre de mentalité religieuse peut culpabiliser, voire même diaboliser, la critique du fonctionnement d'une communauté religieuse quand cette critique est fondée?

Mes questions sont des réponses, et j'en ai une ou deux  autres pour "Che Guevarra":

Pourquoi cette contradiction qui consiste à formuler indirectement des jugements  sur ceux qui critiquent leur ancienne communauté (spiritualité défaillante et émotions mal gérées), tout en invitant à ne pas juger cette ancienne communauté? N'y a--il pas là un double langage? N'est-ce pas le syndrome de l'index pointé vers l'autre et des trois doigts pointés vers soi? Et je ne suis pas certain que ce soit la seule contradiction qu'on trouverait au Che si on savait qui il était.

Quel courage y a-t-il à se cacher derrière un pseudonyme pour donner son opinion? Mon nom à moi, je ne le cache pas. J'ai été pasteur adventiste pendant 33 ans, et adventiste de la naissance jusqu'à l'âge de 54 ans. Et je continuerai de dire aux gens ce qu'est en réalité la communauté adventiste dont le "Che" semble représenter l'une des composantes les plus illuminées.

 

Donc, merci pour les suggestions et les leçons, mais que celui qui se cache courageusement derrière le pseudonyme de Che Guevarra sonde son âme et s'interroge sur les soubassements de sa propre spiritualité.

Peut-être pourrait-il du même coup arrêter d'usurper un nom qui est synonyme de lutte ouverte et courageuse contre les systèmes d'oppression. Sérieusement.

 

 

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 14:56

Il y a quelques jours de cela, j'ai reçu d'un lecteur le courrier suivant:

"Cher ami,

Vous avez quitté l'église adventiste il y a 50, ou 100 ans ? J'ai connu les adventistes il y a plus de 25 ans. Votre description était déjà en voie de péremption. Aujourd'hui, elle n'est plus du tout vraie.

J'ai pris mes distances avec cette église pour des raisons théologiques, mais je continue à la fréquenter de temps en temps. J'ai connu une église en France Sud, dont j'ai été membre : ce n'était pas ça du tout ! Des gens ouverts (à l'exception d'une famille belge issue des réformistes), qui fréquentaient des non adventistes d'autres sensibilités protestantes, et même des catholiques ou non croyants.

Actuellement, je fréquente en pointillés une église de France Nord, fédération réputée plus "sectaire" : il y a quelques "whitistes", mais ce sont des vieux ! Il y a des femmes qui se maquillent, mettent des bijoux et sont même assez... sexy.

L'église adventiste est membre de la Fédération protestante, c'est un signe des temps (!). Les pasteurs prêchent un message qui n'est plus sectaire du tout.

Non, vraiment, ce n'est pas du tout une secte. Elle est même beaucoup plus ouverte que les Assemblées de Dieu, par exemple (dont j'ai été membre un temps) ou pas mal de groupes évangéliques. Je pense que vous devriez mettre à jour vos données, en retournant sur le terrain vous rendre compte par vous-même. J'ai été adventiste pendant 15 ans, j'ai toujours eu des amis de toutes confessions, ma femme se maquille, porte des bijoux...

Quand nous allons à l'église adventiste, nous sommes très bien accueillis, même si les gens savent que nous n'adhérons pas à 100 %. Non, vraiment, revoyez votre copie !

Cordialement,

Thierry."

 

Ainsi, selon ce lecteur, l'église adventiste ne serait pas sectaire pour les raisons qu'il avance: 1) les adventistes fréquentent des non-adventistes, 2) des femmes adventistes se maquillent et mettent des bijoux, 3) les Fédérations adventistes françaises sont membres de la Fédération Protestante, et 4) sa femme et lui sont bien accueillis quand ils vont au temple.

 

Et alors, serais-je tenté de lui répondre? C'est tout? N'est-ce pas un peu léger comme argument? Est-ce à ce genre de choses qu'on reconnait l'esprit sectaire d'un milieu?

 

Peut-être que ce lecteur, obnubilé par l'image caricaturale de la secte (genre Jim Jones ou David Koersh), a-t-il du mal à discerner l'esprit sectaire chez les adventistes, mais cela ne me surprend nullement car c'est précisément sur ce phénomène que misent les adventistes pour se dédouaner de l'étiquette sectaire.

 

Il se trouve que la semaine dernière (il n'y a pas 50 ou 100 ans), deux adventistes qui fréquentent le groupe de recherche théologique populaire (non confessionnel) que j'anime depuis plusieurs années m'ont informé qu'ils venaient d'être approchés par des dirigeants de leur communauté. Le but de cette démarche était de leur mettre la pression par rapport à cette fréquentation jugée dangereuse pour leur âme. L'une des deux personnes concernées a même précisé qu'on lui avait laissé entrevoir l'éventualité d'être privée de toute responsabilité au sein de la communauté, voire d'en être radiée. Et ce n'est pas la première fois que cela se produit.

 

Comment expliquer pareille attitude de la part de ces dirigeants adventistes? Les membres de la communauté n'auraient pas le droit d'aller où bon leur semble et d'écouter ce qu'ils veulent sans être fliqués ou inquiétés par les dirigeants? Ils n'auraient pas droit à cette" glorieuse liberté des enfants de Dieu" si chère à Saint Paul, et à leur vie privée comme tout citoyen français? "Examinez toutes choses et retenez ce qui est bon" (1 Thes. 5:21) n'a pas été écrit pour eux? De quel droit des dirigeants adventistes se permettent-ils d'interpeller des membres de leur communauté qui étudient les textes bibliques en dehors du périmètre adventiste?

 

Il y a 30 ans de cela, alors que j'étais pasteur de l'une des plus grandes communautés adventistes de l'île, certains de mes auxiliaires laïcs m'ont apporté une liste de membres qui se rendaient le samedi après-midi au sein d'un groupe d'étude tenu par des adventistes davidiens (une branche dissidente), en m'invitant à entamer un processus visant à radier ces personnes.

 

Comme j'avais pris le temps d'approfondir les enseignements dispensés par les davidiens à travers la plume de leur chef de file Victor Houteff, j'étais pour ma part convaincu de l'ineptie de leur doctrine. Cependant, j'ai fermement refusé toute démarche visant à inquiéter ou à radier ceux qui souhaitaient aller les écouter. Je me suis contenté de faire pendant quelques temps une analyse critique de la doctrine davidienne afin que toutes les personnes intéressées disposent de tous les éléments d'appréciation pour se déterminer librement, en conscience et en connaissance de cause.

 

En agissant ainsi, j'avais parfaitement conscience de n'être pas tout à fait aligné sur la pratique adventiste habituelle. Une bonne poignée d'adventistes, n'ont-ils pas été radiés il y a peu de temps du côté du François parce qu'ils se réunissaient entre eux pour étudier la Bible au lieu d'aller au temple le samedi?

 

Il y a 20 ans de cela, je tenais à l'église du Lamentin un cercle d'étude approfondie sur l'épitre de Paul aux Galates. Il se trouve que le contenu de cette épitre contredit avec force la position de l'église adventiste sur la place de la loi dans la doctrine du salut. Un de mes collègues qui supervisait une église voisine, ne s'est-il pas fait un devoir de mettre ses membres en garde contre moi? Il n'avait jamais eu la curiosité de venir s'enquérir personnellement de ce que j'enseignais, ni le courage (ou la compétence) d'approfondir lui-même les textes, mais il se comportait en chien de garde. Son comportement était typique de celui de la plupart des dirigeants adventistes. Sectaire.

 

Cet esprit ne caractérise pas seulement les petits pasteurs de campagne comme on pourrait le croire. Vers le milieu des années 80, la "Curie adventiste" alliée à ses chiens de garde intellos a dépossédé un des meilleurs éléments du système de sa lettre de créance et du droit d'enseigner parce qu'il allait à l'encontre de l'interprétation traditionnelle du livre de Daniel. Il s'agissait de Desmond Ford dont les vues étaient pourtant théologiquement inattaquables. Le bonhomme, dont la spiritualité et l'honnêteté ne faisaient aucun doute, n'avait pour seul tort que de sortir du cadre de pensée fixé par la tradition adventiste.

 

Ainsi, cher lecteur un peu naïf, ce n'est pas parce que des adventistes ont des fréquentations non adventistes (c'est quand même la moindre des choses), que ici où là, certaines communautés adventistes tolèrent enfin les bijoux et le maquillage (cela reste marginal à l'échelle mondiale), que les Fédérations adventistes de France sont membres de la FPF, et que les non-membres sont bien accueillis (ce que font toutes les sectes), que l'esprit sectaire ne sévit pas chez les adventistes.

 

Et comme disent les Témoins de Jéhovah: Réveillez-vous!

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 12:52

Le journal France-Antilles a récemment interviewer un homosexuel chrétien et sorti cet article qui prête à réflexion sur la question du mariage pour tous comme sur l'homosexualité en général.

 

 

 

"POUR AIMER, ON A BESOIN DE LA DIFFERENCE »

 

INTERVIEW. Professeur d'espagnol, essayiste, chroniqueur, catholique et... homosexuel, Philippe Arino est l'auteur de "L'homosexualité en vérité". II était en Martinique du 17 au 24 mai. Au cours des conférences qu'il a données, il a expliqué pourquoi il était opposé au mariage pour tous.

 

Comment vit-on son homosexualité quand on est catholique ?

 

Ce qui n'est pas compatible, c'est la pratique religieuse et la pratique de l'homosexualité. Ce n'est pas l'homosexualité qui est rejetée. Les personnes qui m'accueillent le plus, c'est quand même les cathos. Et celles qui m'attaquent le plus sont les personnes homosexuelles pratiquantes ! Cela prouve bien que l'église catholique ne rejette absolument pas les personnes qui ressentent un désir homosexuel.

 

Est-ce à dire que l'homosexualité ne définit pas l'identité de la personne?

 

La seule chose qui existe dans l'homosexualité est le désir homosexuel, en tant que ressenti. Ce désir ne définit pas une personne. L'espèce « les homos » n'existe pas! Et ce n'est pas parce qu'on ressent un désir pour des personnes de même sexe que l'on doit forcément s'y adonner. Ce n'est donc pas nécessairement une pratique, même si on veut nous faire croire le contraire. Dans ce cas, que fait-on de l'adolescent qui se ressent homosexuel et qui n'est pas encore passé à l'acte ?

 

En d'autres ternies, vous prônez l'abstinence?

 

Oui. Pas parce que l'église me le demande, mais parce que j'ai compris que la pratique homosexuelle et le couple homosexuel n'étaient pas le « meilleur » que j'avais à vivre. Je ne suis pas le seul à le dire. Mes amis qui sont en couple le disent aussi. Ils voient que ce n'est pas le chemin dans lequel ils se sentent compris, joyeux, rayonnants ou porteurs de vie. Ce qui m'a ouvert les yeux et fait choisir le chemin de la continence - c'est-à-dire de l'abstinence pour Jésus - c'est d'avoir identifié le désir homosexuel comme une blessure, une souffrance et parfois comme une violence qui a été subie. Je viens d'avoir 33 ans. Je ne me définis pas comme homosexuel. Je suis Philippe, homme et enfant de Dieu. Mais le désir homosexuel est présent. Simplement, je le maîtrise. J'ai arrêté de croire en l'amour homosexuel en janvier 2011. Et donc j'ai aussi arrêté la pratique. Je ne suis plus esclave de ce désir. Je l'ai mis à distance et je l'explique.

 

Pourquoi le couple homosexuel est-il facteur de souffrance?

 

Pour aimer, on a besoin de la différence. Le couple homosexuel, quel qu'il soit, a éjecté la différence des sexes. Or, ce n'est pas une petite différence. C'est ce qui fait qu'on existe, qu'on peut vivre dans un couple la complémentarité. La différence des sexes ouvre à la vie. Donc, cela touche l'individu, le couple et la famille. Le couple homosexuel ne vit pas cette altérité fondamentale et heureuse. C'est pour cela qu'on ne peut pas dire que le couple homosexuel est un couple comme un autre.

 

Ce qui explique que vous soyez opposé au mariage pour tous...

 

Oui, comme toutes les personnes homosexuelles ! Il y a encore quelques mois, le mariage représentait aux yeux des homosexuels le carcan bourgeois à ne surtout pas reproduire. Et, là, parce ce qu'il y a eu une propagande démagogique du gouvernement, qui a fait croire à h majorité des personnes homosexuelles qu'elles seraient valorisées ou reconnues à travers ce mariage pour tous, on a assisté à un changement d'avis des personnes homosexuelles sur ce mariage. Un changement trop radical pour être vrai. Même si on nous donne le droit de nous marier, on ne vivra pas la réalité du mariage. Un droit n'est positif que s'il s'adapte à la réalité de la personne à qui on le donne. La réalité du mariage, fondée sur la différence des sexes et qui ouvre à la filiation, ne correspond pas à la réalité de couple des personnes homosexuelles. On nous fait jouer un sketch ! C'est une fiction amoureuse et anthropologique, car elle touche à la filiation. Mais, la vraie liberté, ce n'est pas avoir le choix, c'est poser le choix du meilleur !

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Published by Joël VALLERAY
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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 16:10

Une lectrice m'adresse ce commentaire:

"Mr Valleray, j'ai lu avec attention votre écrit concernant ces pasteurs au comportement licencieux. Je confirme : ça existe car je l'ai moi même subi: avances malsaines de pasteur vous racontant alors que vous êtes ado une relation sexuelle qu'il aurait vu en se rendant chez quelqu'un; et passant son temps à vous espionner et à vous attendre à l'aller et au sortir de vote lycée pour vous interroger sur votre supposée vie sexuelle qui n'existe que dans son imagination..... ou encore cet ancien essayant toujours en vous disant bonjour de vous embrasser sur la bouche et qui se trouve offusqué quand vs lui intimez l'ordre d'arrêter et veut aussitôt vous faire passer pour une allumeuse qui l'accuse à tort ..... Ou encore cet ancien , bien sous tout rapport qui fait des avances à sa propre belle-sœur et est furieux de son refus..... OUI TOUT CELA EXISTE et ce sentiment de profonde solitude aussi face à tout ce système qui vous enferme dans un vase clos et ne supporte aucune remarque visant à dire : "je me sens mal". Je dois reconnaître que j'ai rencontré UN pasteur qui m'a semblé digne de ce nom et avec lequel j'ai pu discuter librement en me sentant comprise et respectée dans ma vision des choses. J'aime Dieu mais je me sens dépérir et sans le courage de partir mais je crois de plus en plus qu'il faut que je le fasse. Je suis adventiste car mon plus grand désir est de voir revenir celui que j'aime profondément mais je veux me sentir libre de l'attendre. Il y a des gens bien partout et seul le Christ sait où! Que Dieu me donne la force de faire le bon choix car c'est urgent!!!!!!"

 

Un autre lecteur répond à cette lectrice:

" Membre en pleine mutation ", j'ai retenu de votre message les termes suivants : " sentiment de profonde solitude ", " je me sens dépérir " " liberté ", " urgence "... Je dois vous dire que j'ai vécu tout cela de 2010 à début 2013... Pour m'en sortir, j'ai demandé à être enlevé des registres de l'église...Ce qui fut fait sous forme de radiation pour abandon de la Foi, alors que dans mon courrier je soulignais et précisais que ma FOI en JESUS MON SAUVEUR est intacte. L'église adventiste est, non pas le royaume de DIEU sur terre, mais le royaume de l'hypocrisie, de l'uniformité, du protocole, du conformisme et j'en passe... Vous ne pourrez pas y exprimer votre mal être et malaise... Les membres de l'église adventiste ne supportent pas et n'acceptent pas que leurs croyances soient remises en question ou interrogées (sauf quand ils se retrouvent eux mêmes en difficulté) ...Toute tentative de réflexion, de lucidité est vécue par eux comme un danger... j'ai compris pour ma part que l'unique solution était la rupture avec l'institution adventiste et la grande majorité (pour ne pas dire la totalité...) des membres d'église que j'avais fréquenté depuis des années. Ces personnes sont TOXIQUES et DANGEREUSES car elles vivent dans le monde de la religion partisane qui n'a rien à voir avec la spiritualité libératrice prônée par Jésus... Je vous souhaite donc bon courage sur un chemin qui n'est pas facile : celui de la LIBERTE en JESUS... "

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